Une descente en enfer pour Sandra Mallon

Cette Québécoise a passé plus de quatre ans dans une prison surpeuplée du Panama après avoir été condamnée injustement pour trafic de drogues, en août 2009.

G20 Toronto 2010 : les droits civils bafoués

Les policiers ont bafoué les droits civils des manifestants, détenu des gens illégalement et fait usage d'une force excessive lors du sommet du G20 à Toronto, en juin 2010.

Je suis Raif Badawi

Accusé d'apostasie et d'insulte à l'islam, il est emprisonné depuis juin 2012. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet et 10 années de prison.

Un Français condamné à mort en Indonésie

Serge Areski Atlaoui est un Français d'origine algérienne et arrêté injustement en 2005 pour trafic de drogue. Il a été condamné à mort par les autorités indonésiennes.

Incarcérée pour avoir été agressée par un policier

Cecily McMillan a été reconnue coupable d'avoir agressé un agent de police de New York (NYPD) le 17 mars 2012. Elle est condamnée à 90 jours de prison et sera incarcérée à Rikers Island pendant 59 jours.

Emprisonné pour des produits légaux

Un citoyen canadien est incarcéré pendant 6 ans et 80 jours, dont quatre purgés aux États-Unis pour avoir commandé des substances que la GRC affirmait être légal au Canada.


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lundi 22 juin 2015

Indonésie : la justice rejette le recours de Serge Atlaoui

Serge Atlaoui, le 1er avril 2015 à Jakarta en Indonésie. ROMEO GACAD / AFP

La Cour administrative de Djakarta a rejeté, lundi 22 juin, le recours de Serge Atlaoui, qui contestait le refus du président indonésien de lui accorder une grâce après sa condamnation à mort en 2007 pour trafic de drogue.
Lire aussi : En Indonésie, le cas de Serge Atlaoui examiné par la justice administrative
Un précédent recours du Français, dans lequel il demandait au tribunal administratif de Djakarta d'examiner au fond cette affaire, avait déjà été rejeté en première instance. 

Son avocat a promis de continuer à explorer toutes les voies juridiques pour sauver son client de la peine capitale. Aucune date n'a encore été fixée pour son exécution.

Un sursis lui avait été accordé

Serge Atlaoui devait être mis à mort fin avril avec huit autres personnes mais un sursis lui avait été accordé in extremis. Les autorités indonésiennes avaient invoqué cette procédure en cours, sur fond de pressions diplomatiques françaises. 

Dans le cadre des efforts entrepris par Paris, le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, avait écrit en avril à son homologue indonésienne en déplorant de « graves dysfonctionnements de la justice indonésienne » dans l'affaire Atlaoui.
Lire aussi : La marge de manœuvre limitée de Paris pour sauver M. Atlaoui
Ces mises à mort avaient provoqué de vives protestations internationales, tandis que les autorités indonésiennes évoquaient déjà d'autres exécutions à venir.

Mais depuis plus d'un mois, la question n'est plus abordée. Dans la procédure intentée devant la Cour administrative, les avocates indonésiennes du Français ont fait valoir lors de précédentes audiences que le président indonésien n'avait pas examiné le dossier de Serge Atlaoui avant de rejeter sa demande.

La défense avait fait citer un expert expliquant qu'il était du ressort de la Cour administrative d'examiner cette affaire au fond. Mais les juges ont estimé que cela ne relevait pas de leur compétence. Avant même que la décision ne soit rendue, les avocates de Serge Atlaoui avaient indiqué envisager d'autres recours.

Serge Atlaoui, 51 ans, soudeur de profession, affirme qu'il n'a fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique, et qui abritait en réalité un laboratoire clandestin d'ecstasy.
Lire aussi : Indonésie : les dessous du procès incohérent de Serge Atlaoui

vendredi 19 juin 2015

L'injustice de Melissa Calusinski

Melissa Calusinski a été reconnue coupable du meurtre de Benjamin Kingan, âgé de 2 ans en 2009 et fut condamnée à 31 ans de prison. 

Calusinski avait projeté l'enfant sur le sol, provoquant des blessures mortelles à la tête. Lors de l'interrogatoire, elle a nié avoir touché Benjamin.

Après avoir été « cuisinée » pendant plus de 14 heures, n'en pouvant plus et terrassée par la faim et la fatigue, Melissa a fini par craquer.

Les preuves démontreront plus tard qu'elle a avoué sous la contrainte. Les policiers ont même demandé à Mme Calusinski de leur montrer ce qui s'était passé.
Le langage du corps ne ment jamais. Melissa est effrayée, vulnérable, soumise et  se sent menacée.
La jeune femme de 22 ans travaillait comme enseignante suppléante dans une garderie de Lincolnshire, en Illinois.

Voyez toute l'histoire de Melissa Calusinski (anglais seul.)

Mais la preuve démontre que Calusinski a été condamnée à tort sur la base de faux témoignages médicals et par des aveux obtenus sous la contrainte. Elle avait été interrogée pendant quatorze heures.



Le principal témoin-expert de l'État de l'Illinois a maintenant admis qu'il avait négligé les preuves médico-légales, montrant que la victime avait une blessure préexistante, amenant les partisans à demander un examen indépendant de l'affaire Calusinski par des experts médicaux.

Crystal Calusinski, la soeur de Melissa, cherche du réconfort auprès de l'avocat Paul De Luca en apprenant la condamnation à 31 ans de prison.
Kathleen Zellner, l'avocate de Melissa, est également persuadée de son innocence. Elle s'est bâti une solide réputation pour libérer les personnes condamnées à tort, y compris Ryan Ferguson.

Kathleen Zellner
Celui-ci avait été condamné en décembre 2005 pour le meurtre brutal et sanglant du directeur des sports, Kent Heitholt.

Zellner a également mentionné que Melissa n'a pas eu un procès équitable.

Melissa Calusinski est détenue au centre correctionnel Logan, en Illinois depuis le 30 décembre 2008. 

Visitez la page Facebook Free Melissa Calusinski (#‎freemelissa‬ ‪#‎freemelissacalusinski‬) pour obtenir des mises à jour.

dimanche 14 juin 2015

Loi C-51 : les droits humains pourront être bafoués si la sécurité nationale est en jeu

Aujourd'hui, j'ai décidé de publier une lettre ouverte de la directrice générale d'Amnistie internationale, section Canada francophone, diffusée au grand public. Elle concerne la nouvelle loi C-51 adoptée par le Sénat le 6 mai dernier sur la lutte au terrorisme.

Le gouvernement a tout mis en œuvre pour faire adopter le projet de loi C-51 à la hâte, avant que la Chambre n’entreprenne sa pause estivale. Ce projet, qui donne lieu à une des plus grandes réformes du système de sécurité nationale au Canada depuis 2001, a été adopté hier par le Sénat.

Quel fiasco ce parcours. Quel danger cette loi.

Le droit à la vie privée

Les réactions négatives ont fusé de toutes parts : les nouveaux pouvoirs, règles de procédure et infractions criminelles inscrits dans cette loi vont trop loin. Trop loin pour la liberté d’expression, le droit de manifestation pacifique, le droit à la vie privée, le droit à un procès juste et équitable... 

Encore des brèches à nos engagements envers les droits humains, alors qu’il a été démontré que ce faux choix – sécurité ou droits humains — ne nous garantit pas plus de sécurité.

Malgré toutes les voix expertes dissidentes, dont celles d’Amnistie internationale, qui ont réussi à inverser le soutien du public envers cette loi en documentant ses dangers, le gouvernement est resté sourd.

Le seul amendement notable a été de définir que toutes les formes de revendication, manifestation, dissidence ou expression artistique seront exclues du nouveau système de communication d’information, d’une ampleur jamais vue au Canada.

Les modifications apportées ne s’appliquent toutefois pas aux nouveaux pouvoirs sans précédent accordés au SCRS (service canadien du renseignement de sécurité) dans le but de réduire le risque de menaces au pays. 

Le SCRS s’en tient à une définition restrictive lorsqu’il définit si les manifestations, revendications et dissidences sont « légales » et si elles seront considérées comme étant une menace à la sécurité.

Une loi inquiétante

Pourtant, le Code criminel indique que les actes de « manifestation, revendication, dissidence ou arrêt de travail » ne sont pas considérés comme des infractions criminelles. 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les dispositions prévues à cette nouvelle loi sèmeront la confusion, et ouvrent la voie aux décisions discrétionnaires.

Les nouveaux pouvoirs accordés au SCRS en matière de réduction des menaces figurent au premier rang des préoccupations; il n’en existe aucune définition claire, si ce n’est qu’ils n’autorisent pas les atteintes à la vie et à l’intégrité sexuelle, les lésions corporelles et les entraves à la justice. 

Les nouveaux pouvoirs peuvent même violer la Charte en obtenant un mandat judiciaire pour les appliquer. On demande donc impunément aux juges qui les délivreront de ne pas tenir compte des autres lois, incluant celles qui régissent les activités du SCRS.

Une autre source d’inquiétude demeure la nouvelle infraction criminelle que constitue la promotion d’actes terroristes – actes qui ne sont pas non plus définis. Cette clause, beaucoup trop vague, a une portée démesurée qui portera atteinte à la liberté d’expression.

Pourtant la liste des infractions qui criminalisent l’assistance, la menace, la planification et la conspiration en vue de perpétrer un acte terroriste est déjà longue.

Amnistie internationale s’inquiète du nouveau système de communication d’information qui devient tentaculaire et ne trace aucune balise pour s’assurer que ne seront pas partagées des informations inexactes, non pertinentes ou incendiaires.

Les détentions préventives et les arrestations sans motif valable sont très préoccupantes – jusqu’à 7 jours ! — ainsi que les recours d’appel limités pour les personnes dont le nom se retrouve sur les listes d’interdiction de vol.

Il est crucial de continuer à dénoncer cette loi. Elle laisse croire à tort que les droits humains peuvent être bafoués lorsque la sécurité nationale est en jeu.

Vivre dans le respect des obligations en matière de droits humains est le meilleur gage de sécurité dont peut se doter un pays.
La lutte au terrorisme permettra de voir en tout canadien un criminel potentiel.

vendredi 12 juin 2015

Raïf Badawi évite de nouveau la flagellation


MONTRÉAL - Raïf Badawi a une fois de plus évité la flagellation ce vendredi, en Arabie saoudite.




Le bureau d'Amnistie internationale à Paris a rapporté la nouvelle de ce report, quelques jours après que la Cour suprême d'Arabie saoudite eut maintenu la sentence imposée au blogueur.

Le tribunal a ainsi confirmé que M. Badawi devrait purger sa peine de 10 ans de prison, pour avoir critiqué le régime saoudien et l'islam et pour avoir violé les lois technologiques. Il devait aussi payer une amende de 266 000 $ et subir 1000 coups de fouet.

Or, après une première séance de 50 coups en janvier dernier, toutes les autres séances de flagellation ont été reportées en raison de l'état de santé de l'homme de 31 ans.

Raïf Badawi est emprisonné depuis 2012 pour avoir critiqué le régime saoudien et s'être exprimé sur l'islam dans son blogue qui fait la promotion des droits de la personne et de la démocratie dans son pays.

Rappelons que sa femme, Ensaf Haidar, et leurs enfants sont réfugiés à Sherbrooke, au Québec. À ce sujet, elle a livré une entrevue à Mylène Tremblay du magasine Châtelaine.

Ensaf Haidar (photo : Mylène Tremblay)
Quoi qu'il en soit, de nombreuses pressions sur le régime saoudien sont appliquées à l'échelle internationale ce qui, d'après certains observateurs, a pu faire fléchir les autorités.

jeudi 11 juin 2015

Québec émettra un certificat de sélection pour Raif Badawi


Exclusif - Le ministère québécois de l'Immigration émettra vendredi un certificat de sélection pour le blogueur saoudien Raif Badawi, détenu en Arabie saoudite. Ce certificat permettra d'accélérer les procédures d'immigration s'il est libéré.


Le gouvernement du Québec a avisé son vis-à-vis fédéral de ses démarches.

En février dernier, l'Assemblée nationale avait adopté à l'unanimité une motion revendiquant la libération du blogueur saoudien, emprisonné en Arabie saoudite depuis 2012.

Le texte stipulait que l'Assemblée demandait aux gouvernements du Québec et du Canada de faire tout leur possible pour obtenir la libération de Raif Badawi et lui permettre de rejoindre sa famille qui vit à Sherbrooke.

M. Badawi n'étant ni Québécois ni Canadien, l'intervention politique et diplomatique demeure fort limitée dans un cas comme celui-là.

« Il est clair qu'on ne peut pas aller là-bas et le ramener. Il faut être conscient de cette réalité, mais plus le monde démocratique va manifester son indignation, son soutien pour cette famille, plus on a de chances d'y arriver », avait alors commenté le premier ministre Philippe Couillard en rappelant « qu'il y a beaucoup de gens en Arabie saoudite qui partagent nos opinons sur cette question ».

Dimanche dernier, malgré les pressions internationales, la Cour suprême d'Arabie saoudite a maintenu la peine imposée au blogueur.

Pour avoir critiqué le régime saoudien et l'islam, le tribunal a confirmé que M. Badawi devra purger sa peine de 10 ans de prison et qu'il recevra les 1000 coups de fouet auxquels il a été condamné dans sa peine initiale.

Au lendemain de cette décision, le gouvernement du Québec et Amnistie internationale ont pressé Ottawa d'en faire davantage pour obtenir la libération de M. Badawi.

La ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre, a déclaré pour sa part que le Canada devrait « prendre le leadership » de la cause Badawi qui, rappelait-elle, suscite un mouvement d'appui partout dans le monde.

Avec les informations de Martine Biron

mercredi 10 juin 2015

La « volonté de casser les manifestations » dénoncée par la Ligue des droits et libertés


La répression des manifestations au Québec s'amplifie depuis la crise étudiante de 2012, au point de mettre en péril le droit de manifester au Québec. C'est ce qu'affirme la Ligue des droits et libertés dans un rapport publié mercredi.




Depuis le 15 mars 2011, la Ligue a recensé 6891 arrestations. Plus de 78 % étaient liés à des infractions à des règlements municipaux (essentiellement le règlement P-6 de la Ville de Montréal) ou au Code de la sécurité routière.


« La très grande majorité des personnes arrêtées n'ont rien fait et on les traite comme des criminels. »

« Quand ce sont des arrestations de masse, qui se font par encerclement, ils demeurent de longues heures détenus debout, dans le froid souvent, menottés dans le dos, fichés, filmés, tout ça pour un règlement municipal. »


« On ne ferait jamais ça à un automobiliste qui n'a pas fait un stop, par exemple », a dénoncé une des coauteures du rapport, Lucie Lemonde, professeure au Département des sciences juridiques à l'UQAM.


Dans cette vidéo, on constate la tactique du SPVM est de piéger les manifestants en les empêchant de se disperser. Les arrestations suivront. Dans ce groupe, il y a aussi des gens qui n'ont rien à voir avec la manifestation. (7 juin 2012)

Surtout, note-t-elle, que la majorité des accusations en vertu du réglement P-6, qui oblige notamment les organisateurs d'une manifestation à fournir l'itinéraire et empêche le port du masque, sont tombées.  
« Ça nous apparaît comme la volonté de casser, d'empêcher les manifestations. » — Lucie Lemonde
La Ligue des droits et libertés dénonce aussi, dans son rapport, une utilisation de plus en plus fréquente de gaz irritants et de gaz poivre par les policiers pour disperser les foules. 

Manifestations sans itinéraire, mais tolérées

La Ligue dit avoir recueilli des données auprès de groupes militants, de chercheurs, d'avocats, de corps policiers et de personnes arrêtées.

Chiffres à l'appui, elle conteste le lien que font les corps policiers entre l'absence d'itinéraire et les arrestations de masse. Pour le groupe, ce n'est qu'un « prétexte » pour réprimer des mouvements de contestation qui dérangent.


À Montréal, en 2013 et 2014, sur les 139 manifestations sans itinéraire qui ont eu lieu, seulement 23 ont mené à des arrestations.

« Les manifestations tolérées portaient sur le service postal, l'assurance emploi, le droit au logement, la charte des valeurs. 

Les manifestations réprimées portaient quant à elle sur la cause étudiante, la brutalité policière, ou sur des enjeux liés aux luttes écologiste et anticapitaliste », illustre Lynda Khelil, une coauteure du rapport. 

Elle siège aussi au comité légal de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE).
« C'est très idéologique. C'est du profilage politique, finalement, que font la police de Montréal et d'autres corps policiers, comme ceux de Québec, de Gatineau, etc. » — Lucie Lemonde
La Ligue des droits et libertés a récemment présenté l'essentiel de ce rapport au Comité des droits de l'homme de l'ONU, qui doit procéder cet été à l'examen des engagements du Canada sur les droits civils et politiques.



mardi 9 juin 2015

Condamné à 2 ans de prison pour avoir empêché une agression sexuelle

En mars 2013 lors d’une soirée en discothèque à Paris, Arnaud Gonnet, un père de famille de 36 ans, frappe violemment Emeric, un fêtard qui tente d’agresser sexuellement une de ses amies endormie sur une banquette.


Dans la bagarre, l’agresseur sexuel est sévèrement blessé et décide de porter plainte pour coups et blessures contre Arnaud. 

Le 21 novembre 2014, le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement, l’agresseur est condamné à 4 mois de prison avec sursis pour les attouchements sexuels commis sur la jeune femme, tandis qu’Arnaud écope d’une peine de 2 mois de prison avec sursis. 

Un comble selon Vincent de la Morandière, l’avocat d’Arnaud, qui explique que s’il n’était pas intervenu, il y aurait eu un risque pénal pour non assistance à personne en danger.
LE MESSAGE DES MAGISTRATS EST DONC DE DIRE QU’IL VALAIT MIEUX LAISSER FAIRE L’AGRESSION. À UNE ÉPOQUE OÙ L’ON REPROCHE AUX PASSANTS DE NE PAS INTERVENIR LORSQU’ILS SONT TÉMOINS DE SCÈNES DE VIOLENCE, C’EST UN JUGEMENT INCOMPRÉHENSIBLE MAIS SURTOUT DANGEREUX.
Arnaud s’était interposé sans violence avant de prendre un coup. Il a riposté en réponse de l’agresseur. L’homme condamne cette injustice qui encourage le viol en punissant les défenseurs des femmes et en excusant les violeurs. 

Il ne regrette aucunement son geste et a décidé de faire appel dans cette affaire judiciaire hors du commun. Cette vidéo est un extrait de l’émission « Envoyé Spécial » diffusée le jeudi 4 juin 2015 sur France 2.


Arnaud Gonnet - Envoyé Spécial par Spi0n

Soutien à Arnaud

Une pétition est présentement en ligne afin de soutenir Arnaud Gonnet, ce jeune père de famille de 36 ans condamné à 2 ans d'emprisonnement avec sursis par la justice française. 
Source : SpiOn et News360X

lundi 8 juin 2015

Traumatisé pour ses 3 années passé à Rikers, l'ex-détenu Kalief Browder se suicide

Un jeune homme emprisonné à tort pendant trois ans à la prison de Rikers Island, à New York s'est suicidé samedi dernier.


Kalief Browder, âgé de 16 ans, était un étudiant en deuxième année à l'école quand il a été détenu provisoirement et soupçonné d'avoir volé un sac à dos.


Browder n'a jamais plaidé coupable et n'a jamais été condamné. 

Il a maintenu son innocence et demandé un procès mais on lui avait offert uniquement d'accepter des accords, alors que le procès était reporté à plusieurs reprises. 

Après avoir enduré près de 800 jours en isolement et les abus des gardiens, Browder n'a été libéré que lorsque l'affaire a été rejetée.


Il est décédé samedi à son domicile dans le Bronx. Il était âgé de 22 ans. 

La triste nouvelle a été couverte par la journaliste Jennifer Gonnerman, une employée oeuvrant pour le journal  Le New Yorker. Elle fut la première à signaler le suicide de Kalief.

Jennifer Gonnerman, journaliste au New Yorker
Elle a retracé l'histoire du jeune Kalief Browder l'année dernière dans son article « Avant la loi : un garçon a été accusé de prendre un sac à dos. Les tribunaux ont pris les trois prochaines années de sa vie ». 

Plus tard, elle a publié des images de surveillance exclusive, le montrant  en train d'être battu par des agents correctionnels (CO - Correctional Officers) et par d'autres prisonniers.


Source : Democracy Now! 

dimanche 7 juin 2015

Le meurtre impuni de Neda Agha-Soltan


Neda Agha-Soltan était une jeune militante iranienne tuée à Téhéran, le 20 juin 2009, au cours d'une des manifestations de protestation qui avaient suivi le résultat contesté de l'élection présidentielle. Elle n'avait que 26 ans.

Un membre de la milice paramilitaire Bassidji est probablement à l'origine du tir mortel. Son agonie en pleine rue a été filmée par des personnes présentes autour d'elle dans la manifestation. 

La vidéo, encore non authentifiée, et rapidement postée sur Internet a été largement diffusée sur les sites de vidéos en ligne et reprise par la plupart des réseaux sociaux d'Internet. 


Neda est dès lors devenue la figure emblématique des manifestants à travers le monde entier, donnant un visage et un nom aux victimes, qui, selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, se comptent par milliers (des dizaines de morts, des centaines de blessés, et plus de deux mille prisonniers), parmi les opposants au régime de Ali Khamenei et à la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.


La Cour suprême confirme la sentence de Raif Badawi

La Cour suprême d'Arabie saoudite a maintenu la sentence de 1000 coups de fouet et de 10 ans d'emprisonnement pour le blogueur Raif Badawi, malgré les pressions internationales, selon la BBC.


En mars, le régime saoudien avait exprimé sa surprise devant les critiques de la peine imposée au jeune homme de 31 ans et avait dénoncé toute intervention étrangère dans ses affaires internes.

Décision sans appel

« La Cour suprême a confirmé la décision d'infliger à Raef 10 ans de prison, 10 ans d'interdiction de sortie du royaume et 1000 coups de fouet », a déclaré la femme du blogueur, Ensaf Haidar, ajoutant que cette décision est « sans appel ». Elle était interrogée au téléphone par l'AFP depuis Sherbrooke où elle s'est installée.

Mme Haidar a indiqué craindre que les séances de flagellation reprennent rapidement, peut-être « à partir de la semaine prochaine ».

Animateur du site internet Liberal Saudi Network et lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse, Raif Badawi est emprisonné depuis 2012.

Farouche défenseur de la liberté d'expression, son site internet avait demandé la fin de l'influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, une stricte version de l'islam.

Indignation mondiale

La condamnation de Raif Badawi à la prison et à la flagellation a été condamnée un peu partout dans le monde, l'ONU dénonçant une sentence «inhumaine» et de nombreuses associations de défense des droits de l'Homme exigeant la libération immédiate du blogueur.

Dimanche, Amnesty International s'est insurgée contre la décision de la Cour suprême saoudienne. « Il est odieux que ce jugement cruel et injuste ait été maintenu », a dit Philip Luther, directeur d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

En refusant de revenir sur cette condamnation, les autorités saoudiennes « ont fait montre d'un mépris impitoyable vis-à-vis de la justice et des dizaines de milliers de voix qui ont appelé à sa libération immédiate et inconditionnelle à travers le monde », a-t-il ajouté.

Madame Haidar avait d'ailleurs été invitée à l'émission de TLMP (Tout Le Monde En Parle). Elle était accompagnée de la militante Mireille Elchakar.


Le blogueur a reçu les 50 premiers de fouet en janvier, mais depuis, toutes les autres séances de flagellation, prévues pour chaque vendredi, ont été reportées, officiellement pour des « raisons de santé ».


Au Québec, plusieurs manifestations pour exiger la libération de Raif Badawi se sont tenues ces derniers mois, notamment devant l'Assemblée nationale. Amnistie internationale s'est impliquée dans ce dossier, mais ses interventions ne semblent pas avoir ébranlé les autorités saoudiennes.


Rappelons que Raif Badawi (en arabe : رائف بدوي) est un écrivain et blogueur saoudien, créateur en 2008 du site Free Saudi Liberals sur lequel il militait pour une libéralisation morale de l'Arabie saoudite.

Accusé d'apostasie et d'insulte à l'islam, il est emprisonné depuis juin 2012. Il a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 années de prison. Son avocat Waleed Abu al Khair est également emprisonné. 

L'application de la sentence de flagellation a débuté le 9 janvier 2015, suscitant des protestations de plusieurs gouvernements puis de l'ONU.

L'Arabie saoudite, berceau du wahhabisme (version rigoriste de l'islam), est un royaume ultraconservateur.

Toute critique de la dynastie des Al-Saoud, des institutions religieuses et de l'islam est passible de poursuites judiciaires.

Le royaume est par ailleurs régulièrement épinglé par les ONG de défense des droits de l'Homme pour ses exécutions par décapitation. Pas moins de 90 personnes ont déjà été exécutées depuis le début de l'année.

L'Arabie-saoudite avait par ailleurs publié une offre d'emploi le 19 mai dernier afin de recruter huit bourreaux pour exécuter, par décapitation, un nombre important de condamnés à mort.

Outre le trafic de drogue, le meurtre, le viol, le vol à main armée et l'apostasie sont passibles de la peine capitale dans le royaume saoudien, régi par une version rigoriste de la loi islamique.

Dans le rapport 2014 d'Amnesty international, l'Arabie saoudite figurait parmi les pays qui exécutent le plus grand nombre de personnes dans le monde avec la Chine, l'Iran, l'Irak et les Etats-Unis.

Une pétition #JeSuisRaif est toujours en ligne grâce à Amnisty International. Nous vous invitons à la signer et à l'envoyer au ministre canadien des Affaires étrangères, Rob Nicholson pour lui demander de faire plus dans l'affaire Raif Badawi.

Source : TVA Nouvelles, Wikipédia et la Presse Canadienne

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samedi 6 juin 2015

Imposante manifestation contre la violence faite aux femmes

(Crédit-photo : Agence France Presse)
Des hommes, femmes, enfants et personnes âgées ont massivement dénoncé mercredi en Argentine les violences faites aux femmes, une mobilisation historique après une série de féminicides ayant scandalisé le pays, une indignation partagée par d'autres pays d'Amérique latine.

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Buenos Aires devant le Parlement et d'autres manifestations ont eu lieu dans le reste du pays, au Chili, en Uruguay et à Mexico.

« Cette mobilisation a surgi car il y a eu récemment trois féminicides emblématiques (...) On perçoit un point d'inflexion social et politique », explique Fabiana Túñez, responsable de l'ONG Casa del Encuentro, porte-drapeau du mouvement.

Une institutrice de maternelle a été égorgée par son ex-mari devant ses élèves.

(Crédit-photo : Agence France Presse)
Une adolescente de 14 ans enceinte a été tuée puis enterrée dans le jardin de la maison familiale par son ex-petit ami de 16 ans, aidé par des proches.

Une femme a été criblée de balles par son ex-compagnon éconduit alors qu'elle se trouvait à la terrasse d'un café.

Si les femmes - certaines victimes de la violence machiste, les autres par solidarité - étaient majoritaires dans la marche de mercredi, les hommes étaient aussi présents en nombre. Certains car ils avaient perdu une fille.

Des centaines de noms de femmes étaient écrits sur un mur de feuilles blanches, où les manifestants étaient invités à poser leurs mains après les avoir trempées dans de la peinture rouge.

Pour Maria Elena Cornide, chef d'entreprise de 36 ans, « c'est le réveil social, contre l'injustice ». Et « les violences familiales ne sont pas le seul fléau dont souffrent les femmes », notamment parce qu'«elles sont moins payées que les hommes ».

(Crédit-photo : Agence France Presse)
Ilse Fuscoba, 86 ans, cheveux blancs et silhouette frêle, tenait un écriteau sur lequel on pouvait lire : « La société humaine ne peut pas se baser seulement sur le modèle masculin patriarcal ».

« Ni la manière de s'habiller, ni les coutumes ne peuvent justifier un abus », revendiquaient un groupe de manifestantes.

À Santiago du Chili, une centaine de personnes brandissaient des pancartes disant « En deuil et en colère ».

Tuée parce qu'elle est tombée enceinte, poignardée par jalousie, assassinée après un divorce : toutes les 31 heures, un féminicide est commis en Argentine. Selon l'ONG Casa del encuentro, 277 féminicides ont été commis en 2014.

Et entre 2010 et 2012, 53 femmes sont mortes brûlées vives.

La situation est encore plus alarmante au Mexique, en Amérique centrale ou au Brésil. 

Ces homicides de jeunes filles ou de femmes dont parlent les médias argentins ne représentent qu'une infime portion de tous les féminicides perpétrés dans le pays, « dans une société malade de paradigmes machistes où la femme est encore une "chose à dominer"», dénonce Fabiana Tuñez, directrice de Casa del Encuentro.

« Face à ça, l'État est en retard », affirme cette militante.

« Nous demandons l'application d'un plan national pour éradiquer la violence de genre : cela passe entre autres par l'élaboration de statistiques officielles, ou par une réforme éducative qui inclurait l'enseignement de la thématique de la violence de genre. Il reste encore beaucoup à faire pour démanteler la culture machiste dans notre pays ».

La présidente Cristina Kirchner et le footballeur Lionel Messi ont apporté leur soutien à la mobilisation.

(Crédit-photo : Agence France Presse)
La première a pointé du doigt d'autres formes de violence, comme le harcèlement de rue ou les émissions télévisées « qui présentent la femme comme une chose, qui montrent des seins et des fesses tripotés en public... La femme est convertie en objet, et il y aura donc toujours quelqu'un pour considérer que s'il ne la possède pas, il peut la briser ».

« Les féminicides, ça suffit. De Barcelone, nous nous joignons à tous les Argentins pour crier bien fort #NiUnaMenos (« Pas une de moins », le slogan de ralliement) », a déclaré Messi sur son compte Facebook.

Le féminicide a été inscrit dans le code pénal argentin en 2012 comme circonstance aggravante d'un homicide. Alors que l'homicide est puni de 12 à 25 ans de prison, la peine encourue est élevée à la perpétuité en cas de féminicide.

Ce crime est intégré dans la législation de 15 autres pays latino-américains, dont le Chili, le Pérou, la Colombie et, depuis cette année, le Brésil.

En France, le terme est entré dans le Petit Robert en 2014 mais pas dans la loi.

Jean-François Bouvier, père d'une des deux jeunes femmes assassinées à Salta (nord-ouest argentin) en 2011, milite pour que cette notion figure dans le code pénal, en France aussi.
Source : Agence France Presse (AFP)

mardi 2 juin 2015

Une militante iranienne est condamnée à 14 ans de prison



La dessinatrice et militante féministe iranienne Atena Farghadani vient d’être condamnée à une peine de 14 années d'incarcération pour avoir utilisé son droit à la liberté d'expression.

La nouvelle n'est pas sans rappeler l'arrestation de la malheureuse journaliste canado-iranienne, Zahra Kazemi. Elle avait été emprisonnée et torturée dans son pays d'origine, l'Iran.


Âgée de 54 ans, Mme Kazemi est morte à peine quelques jours après son arrestation, en juillet 2003, près de la prison Evine, à Téhéran où elle photographiait des manifestants.

Transportée à hôpital dans un état grave, Mme Kazemi avait rendu l'âme peu de temps après d'une hémorragie cérébrale provoquée par un traumatisme crânien.

Quoi qu'il en soit, c'est le 29 mai 2015 que la nouvelle est arrivée via le site Iran Wire : la peintre et militante iranienne Atena Farghadani – âgée de 28 ans - a été condamnée par le juge Abu’l-Qasim Salavati pour avoir utiliser son droit à la liberté d'expression, reconnu par les Nations Unis.

Le juge Abu’l-Qasim Salavati
De sinistre mémoire, pour diverses accusations dont celles de « propagande contre le régime », « d’atteintes répétées contre la sécurité de l’État », « d’association et collusions avec des éléments contre-révolutionnaires et des éléments dévoyés » , « d'outrage aux représentants du Parlement par la maîtrise du dessin », et « d'outrage au Guide suprême et aux Pasdarans ».


Elle avait déjà fait les frais d’une première parodie de procès, mardi 19 mai dernier où Abu’l-Qasim Salavati et les autres procureurs avaient basé tous leurs réquisitoires sur le fait qu’Atena Farghadani « n’avait pour seul but que de mélanger activisme, politique et art – que de semer le trouble dans la société et dans les esprits du peuple iranien. »

Les « Gardiens de la Révolution » de l’IRG avaient déjà arrêtée Atena Farghadani en septembre 2014. Elle avait alors entamé une grève de la faim le 1er octobre 2014 qui se transforma, 11 jours plus tard en une grève de la soif. 


En raison de la gravité de son état de santé (voir le communiqué émis par Amnisty International) due aux séquelles de cette action de protestation, elle avait pu bénéficier d’une remise en liberté provisoire moyennant une caution très importante.

Dès sa sortie de prison le 23 novembre 2014, Atena avait publiée une vidéo dans laquelle elle dénonçait les violences et les pressions physiques et psychologiques subies quotidiennement par les femmes dans les prisons du régime théocratique et fasciste des Mollahs. (voir vidéo ci dessous).

Atena livre son témoignage (en arabe seulement)

En janvier 2015, elle est de nouveau arrêtée - après avoir reçu une nouvelle convocation du Juge Abu’l-Qasim Salavati : avoir publié une caricature sur sa page Facebook en se moquant des politiciens iraniens ultra conservateurs, qu’elle représentait par des têtes d’animaux.

Le dessin qui a valu à Atena cette peine inique de 14 ans de prison
Ces politiciens avaient activement soutenu un projet de loi anti-contraception voulant, entre autre criminaliser les stérilisations volontaires. Atena Farghadani et les nombreuses militantes féministes et défenseures des droits des femmes iraniennes s’étaient dites, à l’époque, très inquiète de ce projet législatif et avaient publiés une déclaration commune, disant que si cette loi passait, cela ne ferait qu’augmenter d’avantage les discriminations contre les femmes en Iran.


Madame Farghadani à également soutenu toute une série d’initiatives de défense des droits de l’homme en Iran. Elle est connue pour avoir rencontré des familles de prisonniers politiques et de condamnés à mort, ainsi que des militants défenseurs des droits humains iraniens emprisonnés en raison de leurs engagements politiques. 

Lors de la veille du procès d’Atena, le lundi 18 mai 2015, des militants d’Amnesty International et des militantes d’organisations féministes anglaises s’étaient rassemblées devant le consulat d’Iran à Londres. 

Les manifestants ont appelé à la libération immédiate et sans conditions d’Atena Farghadani et ont présenté ensuite au Consul une pétition qui a rassemblé plus de 33,000 signatures.

Atena Farghadani est également accusée par le sinistre juge Abu’l-Qasim Salavati et ses sbires, « d’organisations répétées, de rassemblements illégaux en vue de monter une collusion avec des individus anti-révolutionnaires en lien avec des sectes déviantes. »

En raison d’une exposition d’art appelé Parandegan-e Khak (Oiseaux de terre) qu’elle avait organisée, en mémoire de tous-tes les manifestant-es tué-es lors des répressions sanglantes précédées des manifestations post-électorales de juin 2009, et de la réélection frauduleuse et controversée du dictateur Ahmadinejad.
Source : le blogue Soliranparis

Pour soutenir la cause d'Atena Farghadani :

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Article 3 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » - Déclaration universelle des Droits de l'Homme, 1948