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jeudi 7 mai 2015

La descente en enfer de Sandra Mallon

Vous vous souvenez de cette québécoise qui avait été arrêtée, le 17 août 2009 au Panama pour avoir tenté de sortir de la cocaïne  ?

Sandra Mallon avait été accusée de trafic international de drogue alors qu'elle était sur le chemin du retour vers le Québec.

Arrivée aux douanes de l'aéroport de Tocumen, à Panama City, les douaniers l'ont accusée d'avoir voulu quitter le pays avec huit (8) kilogrammes de cocaïne dans sa ceinture dorsale.

Le 10 août 2009, Sandra Mallon décide de s'offrir des vacances récréatives pour une semaine au Panama. Étant photographe professionnelle, elle a donc apporté avec elle son équipement pour prendre des clichés de ce pays sous-développé.


Elle voulait faire découvrir aux Québécois les dessous moins connus du Panama. Le jour de son retour pour le Canada aura donc été, pour Sandra Mallon, le moment le plus difficile de sa vie. Elle a été victime de la corruption dans un pays étranger et fut incarcérée pendant 4 ans, 4 mois et 3 jours.

Arrivée à la douane, l'officier lui a demandé de retirer ça ceinture dorsale pour vérification. Quelques minutes plus tard, l'agent lui demandait de le suivre et de se déshabiller pour subir une fouille à nu. Ils avaient (apparemment) trouvé huit (8) kilogrammes de cocaïne dans son sac dorsale.

Elle a dû demeurer pendant 10 longues minutes dans un bureau, nue comme un vers. « Il y avait des policiers masculins et féminins qui entraient et sortaient sans arrêt ». Une humiliation qui n'allait pas se terminer pour autant.

Par la suite, ils l'ont enchaînée à une chaise devant un policier pour plus ou moins 30 heures. Sans eau, sans nourriture, sans aucun contact et dans l'ignorance de ses droits. 

Deux semaines après son arrestation, 16 douaniers de ce même aéroport étaient congédiés après avoir été pris sur le fait par des caméras de surveillance pour avoir commis des « actes de corruption ».

Depuis ce jour, jamais les douaniers impliqués dans l'arrestation de Sandra Mallon n'ont remis de rapport à la Cour. Cela n'a pas empêché un tribunal d'ordonner que la Québécoise reste détenue, depuis sept mois, sans qu'il n'ait été donné à un juge de savoir ce qu'on lui reproche exactement.

Tout laisse croire que Sandra Mallon aurait été piégée par le système actuel en place. Elle a croupie dans une prison surpeuplée et insalubre de ce pays d'Amérique du Sud.

Elle a plaidé non coupable le 14 septembre 2011 devant la cour panaméenne. La Québécoise a reçue sa sentence le 10 février 2012, soit presque 5 mois après son audience et fut condamnée à six ans et 8 mois.

La loi du Panama prévoit que la sentence doit être prononcée dans les trente jours suivant la culpabilité mais la juge l'a ignorée.

Mme Mallon clame toujours haut et fort son innocence. « Depuis le premier jour, j'ai crié mon innocence et j'ai été ignorée. Je n'abandonnerai jamais. »

Elle est maintenant de retour au Canada après avoir été transférée à la prison pour femmes de Joliette. Elle est en liberté surveillée depuis le 21 décembre 2013.

D'ici sa libération complète en avril 2016, Sandra devra respecter plusieurs conditions. Mais pourquoi devrait-elle les respecter alors qu'en réalité, elle n'a jamais commis de crime ?
Conditions de détention

Elle nous explique ici ses conditions de détention horribles et l'environnement impitoyable dans laquelle elle était emprisonnée dans cette prison de femmes. 

Le premier bâtiment avait 10 pieds carrés pour loger 8 détenues, incluant la toilette. Elle a vécu à cet endroit pendant 30 jours. Par la suite, les autorités pénitenciaires l'ont transférée dans un deuxième bâtiment, un grand dortoir de 25 lits superposés pouvant loger 50 femmes.

La dernière année, elle a eu droit à une cellule où elles étaient trois dans la même pièce. Son lit mesurait 27 pouces de large. Sandra a eu la chance par la suite d'avoir un lit pliant.

Cette prison peut accueillir 490 femmes. Il y en avait plus de 1000 et les repas n'étaient prévus que pour seulement 490 détenues.

Elle a dû également lutter contre la malnutrition et la surpopulation, des conditions très difficiles à suporter pour cette femme de 46 ans. Elle mentionne en riant : « quand je ne dormais pas la nuit, je m'amusais à compter les coquerelles au plafond ».

« Sans compter les rats et les souris qui, eux aussi aimaient bien faire une visite de courtoisie ». Elle précise aussi que la nuit venue, elle n'osait jamais aller à la toilette de peur de voir les serpents ramper devant elle.

À l'intérieur des murs, la discrimination, la violence et l'insalubrité régnaient en maître. On a même tenté de l'empoisonner le jour de son anniversaire avec du poison à rat. Elle en garde encore des séquelles. Les cicatrices émotionnelles et psychologiques sont toujours omniprésentes.

« J'ai dû sauver une femme de la mort et j'étais couverte de sang pour sauver sa vie. Elle s'était ouvert les deux poignets ainsi que le côté gauche du cou. Une autre femme est morte dans mes bras ».
L'Épisode le plus douloureux  

Il y a eu des violentes émeutes qui ont éclatées dans la ville et à la prison durant son incarcération. Des détenues se sont fait tirer dessus. « Ces scènes horribles me hantent toutes les nuits », dit-elle. Ausitôt qu'elle ferme les yeux, elle ne voit que ces images qu’elle a vécue pendant sa triste détention.

Par ailleurs, deux autres québécoises étaient elles aussi détenues pour trafic de drogue. Sarah Poliquin et Gabrielle Lemire, une jeune femme originaire de Louiseville, sont présumées coupables de trafic international de drogue. 

Elles auraient tenté de faire sortir du Panama une vingtaine de kilos de cocaïne. Elles sont depuis emprisonnées dans des conditions difficiles. Les deux québécoises sont toujours incarcérées dans la même prison que Madame Mallon.

Pour conclure, Sandra Mallon mentionne qu'elle désire publier un livre. « J'ai écrit 6,363 pages à la main lorsque j'étais incarcérée et j'écris très petit. Je désire partager mon histoire et faire reconnaître mon innocence ».

On peut la joindre via sa page Facebook et en savoir davantage sur son histoire. Je vous invite également à écouter son témoignage intéressant en activant la vidéo ci-dessous. 




PANAMA | UNE JUSTICE TRÈS INQUIÉTANTE

Dans un rapport déposé il y a une semaine, sur l'état des droits de la personne au Panama en 2009, le Département d'État du gouvernement américain trace un portrait peu rassurant de l'administration de la justice et du traitement des détenus au Panama. Cela, en dépit des récents efforts du gouvernement pour améliorer la situation. Voici des extraits du rapport.

  • Dures conditions d'emprisonnement et abus par des gardiens de prison; longs délais de détention avant procès; corruption, inefficacité et manipulation politique du système judiciaire ;
  • En septembre, les prisons, d'une capacité de 7,145 prisonniers, en contenaient 10,676 ;
  • Les soins médicaux en prison sont inadéquats. Les cas de HIV/Sida, de tuberculose, d'hépatite B et autres maladies transmissibles sont courants ;
  • La corruption parmi les officiers de police constitue toujours un problème [...] Des officiers de police ont fréquemment été impliqués dans la contrebande de narcotiques et autres crimes ;
  • Le temps de détention préventive (N. D.L.R.: avant procès) excède parfois le maximum de la sentence prévue pour le crime allégué ;
  • Le système judiciaire est sujet à la corruption et aux influences extérieures, incluant la manipulation par d'autres services gouvernementaux.
Lieu : Saint-Hyacinthe, QC, Canada

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Article 3 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » - Déclaration universelle des Droits de l'Homme, 1948