Une descente en enfer pour Sandra Mallon

Cette Québécoise a passé plus de quatre ans dans une prison surpeuplée du Panama après avoir été condamnée injustement pour trafic de drogues, en août 2009.

G20 Toronto 2010 : les droits civils bafoués

Les policiers ont bafoué les droits civils des manifestants, détenu des gens illégalement et fait usage d'une force excessive lors du sommet du G20 à Toronto, en juin 2010.

Je suis Raif Badawi

Accusé d'apostasie et d'insulte à l'islam, il est emprisonné depuis juin 2012. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet et 10 années de prison.

Un Français condamné à mort en Indonésie

Serge Areski Atlaoui est un Français d'origine algérienne et arrêté injustement en 2005 pour trafic de drogue. Il a été condamné à mort par les autorités indonésiennes.

Incarcérée pour avoir été agressée par un policier

Cecily McMillan a été reconnue coupable d'avoir agressé un agent de police de New York (NYPD) le 17 mars 2012. Elle est condamnée à 90 jours de prison et sera incarcérée à Rikers Island pendant 59 jours.

Emprisonné pour des produits légaux

Un citoyen canadien est incarcéré pendant 6 ans et 80 jours, dont quatre purgés aux États-Unis pour avoir commandé des substances que la GRC affirmait être légal au Canada.


Il y a visiteur(s) sur cette page. Bonne visite !

mardi 26 mai 2015

La calvaire de Geneviève Sabourin

Le calvaire de Geneviève Sabourin

C’est en 2012, que la saga entre Geneviève Sabourin et Alec Baldwin a éclaté au grand jour. La comédienne québécoise avait été arrêtée à New York, pour avoir harcelé l’acteur américain. 


Baldwin avait déposé une plainte à la police, puisque lui et sa nouvelle fiancée, Hilaria, se sentaient menacés. 

Geneviève Sabourin et Alec Baldwin se sont rencontrés en 2002 sur le plateau du film The Adventures of Pluto Nash, dont une partie du tournage s'était déroulée à Montréal. Toutefois, la tempête médiatique a débuté lors de son arrestation en 2012.


Les faits

La Québécoise a envoyé plusieurs messages textes et courriels à l’acteur avant d'aller directement à sa maison des Hamptons, dans l'État de New York en mars 2012.

Elle se présente quelques jours plus tard à un évènement auquel participait Baldwin au Lincoln Center, avant d’être arrêtée, le 8 avril, au domicile de Manhattan de l'acteur qui était absent.

Lors de son arrestation
Le portier avertit Baldwin de la présence de la femme et l'acteur alerte aussitôt les policiers. La comédienne fait face à cinq accusations, dont deux de harcèlement aggravé au deuxième degré.

Elle est libérée sous caution, après qu'un juge lui eut imposé de se tenir loin d'Alec Baldwin. 

Le New York Post rapporte que Sabourin affirme que Baldwin était son amant et qu'elle souhaitait avoir un enfant avec lui. Une source citée par le quotidien dévoile que Sabourin « soutient qu'Alec et elle étaient amoureux ».

Alec Baldwin admet dans sa plainte avoir rencontré brièvement la Québécoise à l'occasion d'un repas pour « l’aider à décrocher des rôles au cinéma aux États-Unis », à l'automne 2010, mais nié avoir eu une aventure avec elle.

Durant la tempête médiatique, Alec Baldwin réagit sur Twitter, mentionnant qu’il trouve étrange qu’une harceleuse, accusée et menottée, sourit pour les caméras alors qu’elle est escortée par les policiers.


Récemment fiancée à l’acteur américain, Hilaria commente l’affaire sur le réseaux social : « Cette femme a pris assez de notre temps et de notre énergie. Maintenant, nous devons faire confiance au système judiciaire pour qu'il nous protège. »

Selon la déposition de Baldwin, Sabourin a envoyé 12 courriels en cinq jours à l’acteur, entre le 2 et le 7 avril 2012. Elle mentionne, entre autres, qu’elle avait « besoin de commencer sa nouvelle vie, avec son nouveau nom... dans son nouveau pays ».  Elle lui demande de l’aide avant de préciser qu’elle le considère comme son nouveau mari.

Le 5 avril, Geneviève Sabourin est expulsée d'une projection de film que présente Alec Baldwin.

Lorsque l’histoire éclate, plusieurs journalistes se rendent devant la maison de la mère de Geneviève Sabourin, à Candiac, dans l’espoir d’obtenir une entrevue avec la comédienne.

Geneviève trouve refuge dans un petit hôtel de Nyack, une municipalité située à 45 minutes au nord de Manhattan. Elle se sent en cavale et a peur.

Dans une entrevue accordée à l’Agence QMI, Sabourin confie avoir « l’impression d’être encore en prison », qu’elle se sent « comme une fugitive, comme un animal traqué ». 

Sur les conseils de son avocate, elle décide de rester aux États-Unis afin d’éviter d’avoir des problèmes aux douanes lors de son éventuel retour en sol américain.

De retour à Montréal, Sabourin déclare sur Twitter avoir obtenu les papiers l’autorisant à traverser les douanes américaines, après avoir été aperçue à la sortie d’un salon de coiffure.

Les avocats de Geneviève Sabourin prétendent que leur cliente n’a posé aucun geste criminel, après une première comparution au mois de mai devant la justice américaine. « Je n’ai jamais été arrêtée de ma vie. Je n’ai jamais volé un paquet de gomme », déclare la comédienne.

La même année, Geneviève Sabourin ne peut se rendre à Cannes comme elle l’avait prévu en raison de l’ordonnance de restriction qui pèse contre elle. Alec Baldwin, par contre, y est. Elle déclare dans les médias que cette décision la « limite dans sa recherche d’emploi, dans sa vie professionnelle et aussi personnelle ».

À l’été 2012, Alec Baldwin épouse Hilaria Thomas dans le plus grand secret, dans un restaurant végétarien de New York. Le 25 juillet 2012, Geneviève Sabourin est de retour devant les tribunaux.

Un juge américain annonce qu’il statuera le 19 septembre sur une motion d'abandon des charges déposées par les avocats de Geneviève Sabourin. L'actrice québécoise a l’interdiction de tenter de contacter l'acteur américain, « par écrit, par téléphone ou en personne ».

En juillet 2012, 20 nouveaux chefs d’accusations pesent contre la comédienne. Elle a, entre autres, écrit à l’acteur américain Alec Baldwin affirmant être prête à se lancer dans une « guerre massive destructrice ».

Dans une entrevue accordée au Journal au mois d’octobre 2012, Sabourin affirme avoir « dépensé plus de 100 000 $ pour pouvoir se défendre ». Elle compte aussi utiliser la maladie de Lyme, dont Baldwin serait atteint selon elle, et qui le rendait paranoïaque.

Au mois de novembre 2012, Geneviève Sabourin adresse un tweet à Hilaria Baldwin. Selon elle, elle « n’a pas brisé l’ordonnance de la cour parce que le juge lui a ordonné de ne pas communiquer avec Alec Baldwin et elle ne l’a pas fait ».

Huit mois après son arrestation pour harcèlement contre Alec Baldwin et 100 000$, Geneviève Sabourin se présente seule devant le juge, sans son avocat pour le début de son procès.


Geneviève Sabourin est arrêtée à nouveau. Sa série de micromessages envoyés sur le compte Twitter de la femme de Baldwin l'a mise dans l'eau chaude.

La comédienne signe un nouvel ordre de protection en s’engageant auprès du juge à ne pas communiquer avec Alec Baldwin ni avec ses proches par courriel, message texte ou via les réseaux sociaux d’ici son retour devant la cour, le 19 décembre 2012.

Le 8 avril 2013, Geneviève Sabourin revient en cour. En échange d'une reconnaissance de culpabilité, elle ne recevra aucune peine de prison et n'aura pas de dossier criminel. Elle refuse et le procès est remis au 13 mai.

Au mois d’août 2013, Sabourin a de nouveau refusé un accord à l'amiable avec la justice américaine dans l'affaire l'opposant à l'acteur américain Alec Baldwin qui l'accuse de harcèlement, ouvrant la voie à son procès qui devait débuter le 8 octobre.


La comédienne est condamnée le 13 novembre 2013 à New York à 30 jours de détention pour outrage à magistrat. Elle sera incarcérée à la prison de Rikers Island, reconnue pour être l'une des plus violentes et à ses conditions de détention pénibles et inhumaines.

J'ai moi-même effectué des recherches sur Google et les résultats sont effrayant. Selon les résultats donnés à propos de Rikers, il y a des cas d'abus, d'injustices, de viols, de même que des combats organisés par les gardien(ne)s et dans laquelle les détenu(e)s sont forcés de se battrent entre eux.

De plus, les prisonniers doivent se soumettre régulièrement (voir quotidiennement) à des fouilles à nu. Cela veut dire, avant et après chaque visite contact.

Les AC (agents correctionnels) ou IPL (Intervenant(e) de Première Ligne) peuvent fouiller les cellules (dortoirs d'une cinquantaine de personnes) de manière aléatoire, ce qui signifie de subir encore des fouilles.



Les agents correctionnels escortent Mme Sabourin vers sa nouvelle demeure 
pour les 6 prochains mois
Le lendemain, Geneviève Sabourin est condamnée à 210 jours de prison pour avoir harcelé l’acteur américain Alec Baldwin. La sentence inclut les 30 jours de prison pour outrage à magistrat.


Geneviève Sabourin éclate en sanglots à l'annonce du verdict
La comédienne attire une fois de plus l’attention, cette fois de la prison. Elle affirme qu'elle a dû dormir dans des excréments durant ses premiers jours en prison et qu'elle a été victime d’une crise cardiaque.

Selon le journal américain Daily News, les médecins l'ont examinée et aucune crise cardiaque n'avait été détectée. Les sources de Rikers mentionnent que Madame Sabourin a définitivement un lit et que, comme prisonnière de haut profil, elle est mieux traitée que la plupart des détenues.

Sabourin est dans une section spéciale avec seulement 15 autres détenues. Et elle a déclaré ne pas avoir de problèmes médicaux depuis son arrivée dans le centre de Rose M. Singer à Rikers.


Elle devrait également s'habituer son nouvel environnement - elle sera là pendant au moins sept mois, écrivent les auteurs.

Le transport des détenu(e)s vers la prison de Rikers Island
Mais ce qui a retenu davantage mon attention, et après avoir lu ce torchon (Daily News par BARRY PADDOCK et CORKY SIEMASZKO), c'est l'arrogance de cet article. Il débute en effet avec cette phrase : « Somebody, get that stalker a bed! » (Que quelqu'un apporte un lit à cette harceleuse !).

Parce qu'elle avait osé demander des explications à l'acteur Alec Baldwin, la Québécoise est devenue la risée des médias américains. Malgré toute cette injustice qu'elle a vécu, cette femme mérite tout mon respect et je l'appuie fièrement dans ses démarches afin de rétablir sa réputation.

La prison de Rikers Island où Geneviève Sabourin est détenue
Le 30 mars 2013, Geneviève Sabourin sort de prison après avoir purgé 6 des 7 mois de sa peine. Elle accordera une entrevue à Gino Chouinard lors de l'émission matinale Salut, Bonjour le 25 novembre 2014.

Denis Lévesque l'avait également reçu sur le plateau de son émission Denis Lévesque. Elle était en compagnie de son avocat, Me Jean-Pierre Rancourt.

Sincèrement, je crois la version de Madame Sabourin. Je crois son histoire et je crois aussi que l'acteur Alec Baldwin a un mauvais caractère, comme en témoigne cette vidéo. Jugez-en par vous-mêmes...


Le public peut lui offrir son affection et des encouragements sur sa page Facebook ainsi que sur son compte Twitter.

Source : Le Journal de Montréal et l'Agence QMI

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jeudi 21 mai 2015

Cecily McMillan est emprisonnée pour avoir été agressée par un policier

Voici la malheureuse histoire de Cecily McMillan


Cecily McMillan est une jeune militante pour le mouvement Occupy Wall Street, est âgée de 26 ans et une organisatrice syndicale très active. Elle a été reconnue coupable d'avoir agressé un agent de police de New York (NYPD) le 17 mars 2012.
C'est lors d'une manifestation du mouvement populaire Occupy Wall Street tenue le 17 mars 2012 que la militante se fait bousculer et agresser par un policier de la ville de New York.
 « Je me souviens avoir été surprise par derrière par ce policier, il a agrippé mon sein droit avec tant de force qu'il m'a soulevée du sol. C'est à ce moment que mon coude a rencontré son visage. » 
 « Je me souviens aussi que quelqu'un m'a poussée violemment au sol et que mon visage a frappée une grille. J'ai su par la suite que j'étais attachée à un brancart et ma jupe était au-dessus de mes hanches. » 
 « J'avais des contusions partout sur le corps et une empreinte de main sur ma poitrine. J'ai appris plus tard que j'avais été battue sur la tête, déclanchant une crise d'asthme. »
Cecily était incapable de se tenir debout pendant son arrestation
Les forces de l'ordre avaient procédés à plusieurs arrestations
Elle a reçu un soutien très fort des militants de la ville et aussi à travers le monde lors de son procès pour crime aggravé et subséquent à une sentence de prison. En octobre 2014, elle fait face à un délit mineur, cette fois pour avoir filmer des policiers dans une station de métro.

Après deux années de preuves censurées et de sélection manuelle des jurés, le procureur était manifestement favorisé par la partialité écrasante du juge Ronald Zweibel.

Lors d'une pause au tribunal

Dans un verdict scandaleux qui a stupéfié les observateurs extérieurs, elle a été reconnue coupable en dépit des preuves insuffisantes.

Zweibel a condamné Cecily à 90 jours de prison, à Rikers Island, avec cinq (5) ans de probation. Elle fut libérée au bout de 58 jours de captivité.

Rikers Island
Mais Cecily a été renvoyée à Rikers, sans caution, le 5 mai 2014 en dépit du fait qu'elle n'avait manqué à aucun rendez-vous judiciaires pendant deux ans. 

Cecily est libérée de prison pour bonne conduite le 2 juillet suivant. Elle a accordée plusieurs entrevues, elle continue d'affirmer son innocence et dénonce les conditions inhumaines pour les détenu(e)s de Rikers (voir la couverture des médias).



Voici le point de vue de Kevin Zeese, un organisteur pour le site américain PopularResistance.org



Après sa libération, Cecily a écrit une Op-Ed (Opinion Page), titrée What I Saw on Rikers Island et qui a été imprimée dans le New York Times. Son entretien est apparu comme un reportage dans le Cosmopolitan.

L'Op-Ed était accompagnée par le déclanchement d'une pétition (résidents des États-Unis seulement) et qui avait reçu plus de 10,000 signataires, à quel point Cecily et ses alliés les apporte au commissaire du service correctionnel de Rikers Island.


Pendant la longue période entre son arrestation initiale et le procès devant jurés, Cecily a été appréhendée en décembre 2013 sur de fausses accusations, qui plus est, par des officiers du NYPD qui collaborent avec le bureau du procureur de district.

Erin Choi a discuté de l'arrestation, notamment de fabrication de témoignages des policiers, à la longueur de ses arguments de clôture - qui a été admis illégalement par le juge Zweibel.

Madame McMillan est retournée au tribunal le 6 octobre 2014 pour entrave à l'administration gouvernementale. Ses ami(e)s demandent à tous les partisans et alliés de se joindre à eux en remplissant la salle d'audience et en élevant leurs voix contre la brutalité policière et les arrestations massives.

Cecily et son avocat, Me Martin Stolar
Si vous ne l'avez pas déjà fait, s'il vous plaît, confirmez votre présence sur Facebook (sans oublier Twitter) et passez le mot en utilisant le hashtag #JusticeForCecily.


lundi 18 mai 2015

La femme la plus recherchée d'Amérique



En 2002, Sarah Jo Pender a été condamnée à une peine de prison à perpétuité pour un crime qu'elle n'a pas commis. Depuis, elle n'a cessé de clamer son innocence. 

L'homme qui a commis les meurtres a reconnu avoir fabriqué le faux document qui a été utilisé comme pièce à conviction contre elle. Sarah Jo Pender et ceux qui la soutiennent réclament sa remise en liberté et la restauration de son honneur perdu.

L'affaire

Pendant la nuit du 24 au 25 octobre 2000 à Indianapolis, Richard Hull, son compagnon, a assassiné leurs co-locataires, Andrew Cataldi et Patricia Nordmann. Cataldi et Nordmann étaient deux trafiquants de drogue évadés d'installations pénitentiaires du Nevada.

Sur cette photo non datée et libérée par le département de police de Chicago apparaît Sarah Jo Pender, âgée de 29 ans

Pour commettre les meurtres, il a utilisé un fusil que Sarah Jo avait acheté ce matin là en toute légalité dans un but de légitime défense. Richard Hull, Andrew Cataldi et Patricia Nordmann étaient tout trois des vendeurs de drogue.

Sarah Jo était la seule à avoir un casier judiciaire vierge et à avoir un travail légitime.  Elle  avait noué une relation avec Richard Hull que depuis deux mois. C'est lui qui lui avait présenté Patricia Nordmann et Andrew Cataldi.

Le double homicide s'est produit vers 23h30, au cours d'une dispute entre Richard Hull et Andrew Cataldi alors que Sarah Jo était sortie se promener pour ne pas être entrainée dans le conflit. 

Lorsque Sarah Jo est revenu à leur domicile, Hull avait déjà empaqueté les corps dans des couvertures et les avait chargés dans un pick-up.  

Sarah Jo, se trouvant soudain au beau milieu d'une scène de crime et désemparée, s'est laissée entrainée et l'a accompagné sur les lieux où il a jeté les corps dans une benne à ordure, à quatre pâtés de maisons de leur domicile de Meikel Street.  

Hull est ensuite passé dans un car-wash pour nettoyer le pick-up. Sarah Jo refusant de dormir dans la maison, le couple est revenu prendre des effets personnels vers 2h00 du matin, avant de partir chez un ami, dans la ville de Lapel, dans l'Indiana.

Ils sont revenus à Indianapolis le lendemain.  Tandis que Sarah Jo s'est rendue à son travail, Richard Hull a tenté de nettoyer les traces de sang.

Les corps ont été découverts le 25 octobre 2000 au soir et le couple a été arrêté à Noblesville, Indiana, le 26 octobre 2000.

Sarah Jo a plus tard expliqué : « Après qu'il ait commis ces meurtres, je n'ai pas appelé la police, mais au lieu de ça je suis resté avec lui par amour, par peur, par loyauté et par pure stupidité. »


Le procès

Le procès de Sarah Jo s'est déroulé au tribunal de Marion County en juillet 2002.  Elle a été reconnue coupable d'un double homicide.  En Août 2002, elle a été condamnée à 110 années de prison. 

Pour Sarah Jo Pender et ses partisans, cette sentence est une injustice et une erreur judiciaire.  Ils pointent du doigt les circonstances défavorables dans lesquelles s'est déroulé l'instruction du dossier ainsi que de nombreuses et graves anomalies.  

Entre autre l'usage d'une fausse pièce à conviction, le faux témoignage d'un détenu et l'incompétence de l'avocat commis d'office à la défense de Sarah Jo Pender.

Fausse pièce a conviction

La principale pièce a conviction utilisée contre Sarah Pender est une lettre qu'elle aurait écrite le 16 mai 2001.  Dans cette lettre, elle reconnaitrait avoir commis les meurtres et demandé à Richard Hull d'en endosser la responsabilité. Plusieurs faits indiquent clairement qu' il s'agit d'un faux.

Richard Hull
En juin 2003, dans une déposition, Richard Hull a reconnu : « Sarah Jo Pender n'a pas commis ce crime.  Elle n'a pas écris la lettre.  J'ai obtenu de Steve Logan qu'il écrive cette lettre lorsque nous étions dans le même quartier [de détention] (...) je l'ai fait en espérant avoir un bon accord [avec le procureur]. »

Aucune empreinte digitale de Sarah Jo Pender n'a jamais été trouvée sur cette lettre.  Celles de Richard Hull et de Steve Logan y ont été relevées.

Dans une déclaration signée et assermentée datant du 2 juin 2003, Richard Hull s'était rétracté et avait admis avoir tout organisé pour Sarah Jo Pender, espérant ainsi obtenir une peine plus légère dans une négociation de plaidoyer. Cet affidavit est l'un des nombreux éléments à pointer vers l'innocence de Sarah Jo.

Entre le 16 mai 2001 et Septembre-octobre 2001, époque à laquelle Richard Hull a transmis la lettre à son avocat, sa cellule avait été fouillée. Toute la correspondance qu'il avait reçue de Sarah Jo Pender avait été saisie.

La lettre soit disant écrite le 16 mai 2001 ne s'y trouvait pas.  Rien dans les lettres saisies n'indiquait la culpabilité de Sarah Jo Pender.

A l'époque du procès, l'avocat de la défense a été incapable d'obtenir une contre expertise de l'analyse graphologique de cette lettre.  En 2010, un graphologue indépendant a conclut que cette lettre était un faux.

Les évènements décrits dans cette lettre ne correspondent pas à ceux décrits dans le témoignage de Floyd Pennington, également utilisé contre Sarah Jo Pender.


Faux témoignage d'un détenu

Le principal témoin contre Sarah Jo Pender était Floyd Pennington, un détenu qui échangeait des correspondances avec elle.  Il prétend que Sarah Jo Pender aurait reconnu sa culpabilité lors d'une rencontre « clandestine » organisée avec l'aide des autorités. Sarah Jo Pender et ses partisans affirment que ce témoignage est un mensonge.


  • Outre Sarah Jo Pender, Floyd Pennington avait fourni une liste de plusieurs autres personnes contre lesquelles il était prêt à fournir un témoignage.
  • Floyd Pennington et Sarah Jo Pender étaient sous la surveillance constante et directe de gardiens de prison pendant la rencontre.
  • Floyd Pennington était en attente de sentence pour vol et détention d'arme prohibée.  Onze jours après avoir accepté de témoigner contre Sarah Jo Pender, il a reçu une peine anormalement  légère au regard des crimes qui lui étaient reprochés.  Pendant le procès, les jurés n'ont pas été informés (tout comme Sarah Jo Pender) de la totalité du contenu du casier judiciaire de Floyd Pennington : une condamnation à cinq ans de prison pour violence sexuelle sur mineur. (Floyd Pennington purge actuellement une peine de prison pour un viol commis moins d'un an après sa sortie de prison en 2008)
  • Pendant le procès, Floyd Pennington a contredit les déclarations qu'il avait faites à la police.  Le procureur l'a interrompu et lui a fait relire ses déclarations pour qu'il se souvienne de ce qu'il était censé dire.
  • Les déclarations e Floyd Pennington ne correspondent même pas aux évènements décrits dans la fausse lettre du 16 mai 2001 également utilisée comme preuve contre Sarah Jo Pender.

Sarah Jo Pender et ceux qui la soutiennent affirment qu'avoir autorisé, à son insu, une rencontre à avoir lieu entre elle et ce personnage plus que douteux revient à avoir inventé des preuves contre elle.
Interprétation erronée des faits

Un autre témoignage utilisé contre Sarah Jo Pender est celui d'un voisin, Ed Leggon. Sortant de chez lui à deux heures du matin, il a aperçu deux silhouettes sortant par la porte de devant de la maison de Meikel Street, qui chargeaient quelque chose dans le Pick Up, garé dans la rue.

Ce témoignage a été interprété comme une preuve que Sarah Jo avait aidé Richard Hull à charger les corps et à s'en débarasser.    

Toutefois, sur la scène du crime, les traces de sang indiquent que les corps de Tricia Nordmann et Andrew Cataldi ont été sortis de la maison par la porte arrière.

Ed Leggon a donc aperçu la silhouette de Sarah Jo Pender alors qu'elle chargeait des effets personnels, plus d'une heure après que Richard Hull se soit débarrassé des corps de ses deux victimes.

Préméditation

Le fait que Sarah Jo Pender ait acheté l'arme du crime le matin même du double homicide a été présenté comme une preuve de préméditation de sa part.  Cette théorie est absurde : une personne ayant  prémédité un meurtre n'aurait pas utilisé une arme à feu enregistrée à son nom le matin même.  

En réalité, Sarah Jo Pender s'est laissé persuader d'acheter une arme à feu par Richard Hull parce qu'elle avait été victime d'un viol dans les mois précédents et qu'elle avait reçus plusieurs messages de menaces pendant les semaines précédant le double homicide.  

Celui-ci s'est servit d'elle pour obtenir une arme qui devait servir à protéger ses activités « commerciales ».  Son casier judiciaire l'en empêchait et il n'y était pas parvenu par des moyens illégaux.

Un avocat incompétent

Avant et pendant son procès, Sarah Jo Pender a été extrêmement mal défendu par son avocat commis d'office, James Nave.  Cet avocat, pensant que Sarah Jo Pender accepterait de plaider coupable  pour obtenir une peine légère, ne s'est jamais donné la peine de préparer le procès.

  • Il n'a pas préparé de défense ; 
  • Il n'a pas obtenu que Sarah Jo Pender puisse passer un test au détecteur de mensonge, comme elle l'avait demandé ;
  • Il n'a pas fait effectuer de contre-expertise de la fausse lettre, comme elle l'avait demandé ;
  • Il n'a pas fait analysé une autre lettre de Richard Hull, sur laquelle figuraient les deux écritures, comme elle l'avait demandé ;
  • Il n'a pas fait témoigné les personnes qui avaient entendu Les menaces proférées contre Sarah Jo Pender par son violeur ;
  • Il n'a pas fait témoigner à la barre les gardes qui auraient pu prouver qu'il était impossible pour Sarah Jo et Floyd Pennington d'avoir une conversation privée.

Circonstances défavorables

Entre le moment du meurtre et le procès, les attentats du 11 Septembre ont déclenché une vague répressive préjudiciable au droit des accusés.  Le cas de Sarah Jo Pender est emblématique de cette atmosphère : au cours du procès, l'Assistant Procureur a déclaré aux jurés : « Sarah Pender n'est peut être pas Osama Ben Laden, qui a tué des milliers de personnes, mais c'est néanmoins une terroriste interieure. »  

Il a également dit d'elle qu'elle était une « Charles Manson au féminin ». Pendant l'instruction du dossier, cet assistant procureur était en campagne électorale afin d'être élu Procureur dans un comté voisin (Aux USA, Juges et Procureurs sont élus au suffrage universel).  

Son thème de campagne était l'application de peines sévères aux condamnés. Il a été battu aux primaires du parti républicain quelques semaines avant le début du procès.

L'Évasion

En 2008, après que tous ses appels aient été rejetés, Sarah Jo Pender s'est évadée de la prison de Rockville.  Elle obtenu l'aide d'un gardien de prison véreux, Scott Spitler, qui devait recevoir 15,000$ pour ses services. Il a été condamné à une peine de 8 années de réclusion.

Scott Spitler
L'évasion s'est déroulée sans violence d'aucune sorte.  Les personnes qui ont aidé Sarah Jo Pender n'ont pas fait l'objet de coercition.

Pendant les 4 mois qu'elle a passé en liberté, Sarah Jo Pender a mené une vie assez semblable à celle des sans papiers qui vivent dans la clandestinité.  Elle a pris le nom d'Ashley Thompson et eu un amant.  Elle a travaillé pour gagner sa vie.

Sarah brise le silence suite à son évasion


Quartier d'isolement

Depuis sa capture en décembre 2008, Sarah Jo Pender est  maintenue de façon arbitraire en cellule d'isolement.  Elle passe 23h00 par jour en cellule et on lui autorise une heure de récréation dans une grande cage située dans une cour de la prison pour femme de l'Indiana.


Le maintien prolongé en régime d'isolement est considéré par beaucoup comme une forme de torture.  Ce maintien a entrainé une dégradation progressive de la santé mentale de Sarah Jo. 

Ses partisans considèrent que ces conditions de détention particulièrement dures constituent une forme de brutalité exercée contre elle par le Département Pénitentiaire de l'Indiana.  Ils réclament avec urgence son retour à un régime normal de détention.

Un documentaire complet sur la véritable histoire de l'affaire Sarah Jo Pender

Ils demandent surtout la révision du procès de Sarah Jo Pender et que soit réparée l'erreur judiciaire dont elle est victime. Ils ont également créé une page Facebook dans le but d'aider Sarah à obtenir des fonds.

Une vue de la prison pour femme de l'Indiana. Les quatre structures rectangulaires sont des cages grillagées dans lesquelles les détenues en cellules d'isolement sont autorisées à "sortir" une heure par jour. C'est le seul espace "à l'air libre" auquel Sarah Jo a eu accès ces quatre dernières années.
La femme la plus recherchée d'Amérique (She Made Them Do It) est un téléfilm canadien tourné et réalisé par Grant Harvey. Il  est diffusé le 28 décembre 2012 sur Lifetime aux États-Unis et le 18 avril 2013 sur TF1 en France. Il s'inspire d'une histoire vécue, l'affaire Sarah Jo Pender.


Source : Wikipédia, Français - Just Fair Justice For Sarah Jo Pender

vendredi 15 mai 2015

La peine de mort pour Serge Atlaoui

Serge Atlaoui risque la peine de mort en Indonésie

Serge Areski Atlaoui, un Français d'origine algérienne est arrêté injustement en 2005 pour trafic de drogue. Il a été condamné à mort par les autorités indonésiennes.

Lexique
  • Premier procès et appel
  • Pourvoi en cassation
  • Demande de grâce présidentielle
  • Demande de révision auprès de la Cour constitutionnelle d'Indonésie
  • Seconde demande de grâce présidentielle
  • Critiques de la procédure
  • Pressions diplomatiques
  • Autorités indonésiennes
  • La chanteuse indonésienne Anggun
  • Sa vie privée


  • Serge Atlaoui est un artisan soudeur, domicilié à Metz. Il travaille dans un premier temps à son compte aux Pays-Bas. En 2005, le Français se trouve en Indonésie à Tangerang, dans la province de Banten à proximité de Djakarta

    Il est chargé de l'entretien des machines dans une usine de la ville. Il affirme « avoir été recruté pour 2 000 euros (2,723 dollars CDN) la semaine afin d'installer des machines industrielles » qui serviraient à la fabrication d'acrylique.

    Selon son épouse, il y travaille une première fois pendant six semaines, où il est payé au noir, puis une seconde fois durant deux matinées.

    Sabine Atlaoui
    Lors de sa deuxième matinée de travail, le 11 novembre 2005, dans le cadre d'une opération de police, 17 personnes — dont Serge Atlaoui — sont interpellées dans l'usine qui s'avère être une unité de production de pilules d'ecstasy.

    Selon le journal 20 minutes, il affirme être alors persuadé que l'usine servait à effectuer des « tests » de fabrication du MDMA, le composant de l'ecstasy, sans produire de cachets. 

    Toujours selon madame Atlaoui, c'est quelques instants avant son arrestation, en entendant une conversation non loin de lui, qu'il a compris dans quoi il s'était embarqué.

    Son cas pourrait aboutir à la première exécution d'un citoyen français depuis Hamida Djandoubi en 1977. En avril 2015, les autorités françaises, dont François Hollande, font pression pour empêcher l'exécution de Serge Atlaoui.

    Lors de son arrestation, il est accusé de possession de 138 kg de méthamphétamine, 290 kg de kétamine et 316 cylindres de substances précurseurs de drogues.


    Après un procès où il affirme qu'il pensait se trouver dans une usine de production d'acrylique et non d'ecstasy, il est néanmoins condamné à la réclusion à perpétuité pour trafic de drogue en novembre 2006. 

    Selon le Quai d'Orsay, lors de ce premier procès, Serge Atlaoui ne disposait pas d'interprète. Il fait appel de ce jugement : lui et les autres inculpés sont condamnés à la même peine.

    En 2007, en cassation, les deux Européens (dont Serge Atlaoui) sont de nouveau jugés coupables, et cette fois condamnés à la peine de mort le 29 mai 2007, c'est-à-dire la même peine que huit des onze autres prévenus dans l'affaire. 

    Sabine Atlaoui, la femme qu'il vient d'épouser, se mobilise pour obtenir une grâce.


    Le président d'Indonésie élu en 2014, Joko Widodo, dit Jokowi, rejette le 28 janvier la grâce demandée par Serge Atlaoui. Celui-ci demande alors une révision du procès auprès de la cour suprême.


    Le 21 avril 2015, la cour rejette la demande de révision, car elle estime les faits avérés : Atlaoui fut « manifestement (avec preuve) coupable de distribution, transfert et négoce de drogues dont de l'héroïne pure ». 

    Il s'agit de son dernier recours. Deux jours plus tard, on annonce que son exécution est en préparation.

    Toutefois, le 25 avril, le bureau du procureur général (ATO) retire son nom de la liste des toutes prochaines exécutions, afin de traiter les nouvelles informations de son dossier.


    Selon The Jakarta Post et CNN Indonésie (en), l'appel qu'il forme concernant le refus de sa grâce par Joko Widodo aurait été rejeté le 28 avril 2015. Cette information est démentie par son avocat et par Romain Nadal, porte-parole du ministère des Affaires étrangères

    Sabine Atlaoui dit vivre « une torture psychologique intense ». Le recours aurait dû être examiné le 7 mai mais il est toutefois reporté du 7 au 13 mai 2015 à cause de l'indisponibilité de l'avocate de Serge Atlaoui. 

    Le 13 mai, la Cour administrative de Jakarta accepte qu'un expert examine la procédure judiciaire. Lors de la prochaine audience, fixée au 20 mai, la défense doit soumettre ses arguments écrits à la Cour administrative. 

    Celle-ci devrait entendre le 26 mai des experts judiciaires ou des témoins convoqués par la défense avant une dernière audience prévue le 28 mai.


    Le Monde rapporte que des sources diplomatiques françaises ont émis des doutes sur l'impartialité de la procédure concernant les européens en expliquant que :

    « Le fils du chef de réseau ou le chimiste étaient plus impliqués que M. Atlaoui, qui n'était qu'un contractuel recruté par le Néerlandais. », et en ajoutant qu'au cours des audiences « l'attention a porté d'avantage sur eux [ le Français et son compagnon d'infortune ] que sur les chefs du réseau indonésien ». 

    Le quotidien rappelle que si Serge Atlaoui a vu la demande de révision de son procès rejetée, il n'en va pas de même pour « ses patrons » qui ne sont plus menacés d'exécution avant l'étude de leurs dossiers.


    Le 22 avril 2015, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, convoque l'ambassadeur d'Indonésie en France, Hotmangaradja Pandjaitan (id) qu'il avait déjà convoqué à deux reprises en février et en avril.

    François Hollande, président de la France, appelle l'Indonésie pour qu'elle sursoie à l'exécution qui serait « dommageable pour les relations que nous voulons avoir avec elle [...] ».

    Manuel Valls, premier ministre de la France, déclare le même jour que « Défendre Serge Atlaoui, c'est rappeler la ferme opposition de la France à la peine de mort ».

    Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon appelle « le gouvernement indonésien à ne pas exécuter [...] les dix prisonniers qui sont dans le couloir de la mort pour des crimes présumés liés à la drogue ».

    Le 29 avril 2015, Romain Nadal, le porte-parole du Quai d'Orsay, rappelle l'« obligation [...] de sauver la vie d'un homme [...] qui n'est pas un trafiquant de stupéfiants ».


    Le Président Joko Widodo a promis de lutter contre la drogue et n'entend pas gracier les condamnés pour trafic de stupéfiants. Plusieurs exécutions dont certaines ne relevaient pas de cette affaire, eurent lieu le 18 janvier 2015.

    Joko Widodo, l'actuel président de l'Indonésie
    Huit autres exécutions eurent lieu à la mi-avril. Dans les deux cas, les pressions internationales furent vaines. L'Indonésie ne considère pas que ses relations diplomatiques avec les pays concernés seront déteriorées.

    La chanteuse indonésienne Anggun


    Anggun considère la peine de mort comme un meurtre

    La chanteuse indonésienne Anggun a écrit mercredi 22 avril une lettre au président de l'Indonésie, l'implorant de gracier le Français Serge Atlaoui, condamné à mort à Jakarta pour trafic de drogue.

    « Je sais à quel point les Indonésiens sont sensibles aux ravages de la drogue dans le pays et la région, et je ne peux que m'associer à leur légitime indignation à ce sujet.

    Mais je suis également convaincue que la peine de mort n’est en aucune façon une solution pour faire baisser la criminalité ou de nous protéger des maux qui rongent notre société », écrit au président Joko Widodo la chanteuse, installée en France et très connue dans son pays natal.

    « Votre élection a été vécue en Indonésie, mais aussi dans le monde entier, comme l’avènement d’une société plus bienveillante », poursuit-elle, en indonésien, dans cette lettre dont l'AFP a eu la version française.

    « En Europe, l’Indonésie est dorénavant associée à un pays qui condamne des hommes à la mort. Mon cœur saigne à l’idée que c’est cette image qui est ainsi envoyée au monde alors que l’Indonésie est un pays tellement ouvert, tolérant et fraternel ».


    « Je fais appel aux valeurs d’humanisme qui jalonnent votre combat personnel et la fille de Java que je suis vous implore d’accorder à Serge Atlaoui une grâce présidentielle", lui demande-t-elle, signant simplement « Avec tout mon respect, Anggun ».


    Il a un frère cadet, André Atlaoui et était père de 3 enfants au moment de son arrestation en 2005. Il a épousé sa femme Sabine en prison en 2007. Avec celle-ci, il a eu un quatrième enfant, âgé de quatre ans en avril 2015.

    Serge Atlaoui se confie depuis sa prison indonésiennne

    Source : Wikipédia
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dimanche 10 mai 2015

G20 à Toronto : les droits civils bafoués

Le sommet du G20 : un fiasco sur le plan des droits humains


Lexique
Les policiers ont bafoué les droits civils des manifestants, détenu des gens illégalement et fait usage d'une force excessive lors du sommet du G20 à Toronto il y a cinq ans, conclut l'organisme indépendant de surveillance de la police ontarienne.

Le Bureau du directeur indépendant de l'examen de la police dénonce aussi la mauvaise conception et le mauvais fonctionnement du centre de détention temporaire qui avait été mis sur pied par la police de Toronto sur les lieux mêmes des manifestations.

Le Bureau ajoute que les policiers ont violé de nombreux droits constitutionnels pendant cet événement tumultueux, au cours duquel plus de 1100 personnes ont été arrêtées - la majorité étant ensuite libérées sans faire l'objet d'accusations.

« Certains policiers ont bafoué les droits fondamentaux garantis aux citoyens par la Charte, et outrepassé leur autorité en arrêtant et en fouillant des individus arbitrairement et sans justification juridique », peut-on lire dans le document.


Le document de 300 pages précise que les manifestants n'ont pas été les seuls à recourir à la violence. « Plusieurs policiers ont fait usage d'une force excessive et semblaient vouloir démontrer qu'ils comptaient répondre à la violence par la violence, écrivent les auteurs du rapport. Cela a donné naissance à un cercle vicieux qui a vu les réactions des deux parties s'enflammer. »

Le rapport condamne les tactiques utilisées par les policiers autour de la législature provinciale, qui avait d'emblée été désignée comme zone de manifestations. La force qui a été utilisée pour contrôler les foules et pour procéder à des arrestations était « parfois excessive ».


« Il est juste de dire que la force utilisée pour contrôler les foules et procéder à certaines arrestations à Queen's Park était plus importante que tout ce que les citoyens de Toronto avaient jusqu'alors vu », affirme le document.

Le rapport conclut que les arrestations massives réalisées à proximité d'un hôtel du centre-ville étaient illégales, et affirme que des perquisitions et des arrestations menées à l'aube dans une résidence universitaire ont été effectuées sans les mandats nécessaires.


Le bureau dirigé par Gerry McNeilly condamne vertement les policiers pour avoir coincé des dizaines de personnes - parfois de simples passants - à une intersection du centre-ville pendant plusieurs heures en plein orage, qualifiant cette mesure de « déraisonnable, inutile et illégale ».

Même les policiers sur place ont jugé que cette situation était intenable, l'un d'entre eux ayant décrit l'officier responsable de la scène comme un « maniaque », dit le document.

« Quand est-ce qu'on va leur donner la chance de se disperser ? », a demandé un policier.

« Il n'en est pas question, c'est ça le problème », a répondu un autre.

« Eh bien, c'est stupide. »

Quant au centre de détention provisoire, le document critique les principaux officiers pour leur gestion de la situation.

Le rapport critique son surpeuplement, le manque d'eau, de nourriture et d'accès aux avocats, et le recours aux menottes de plastique et aux fouilles à nu. Elles étaient filmées et enregistrées sur vidéo.

Certains détenus ont dû utiliser les toilettes sans la moindre intimité, et plusieurs étaient retenus illégalement.

Le détenu Sean Salvati est escorté, nu comme un vers, devant une policière
Parmi eux, Tommy Taylor, présent à la conférence de presse mercredi, qui a passé près de 24 heures avec des menottes, et sa copine, dont on avait confisqué le soutien-gorge pour empêcher qu'il ne soit utilisé comme une arme.

Rempli d'émotion, M. Taylor a dit vouloir justice et transparence de la part des responsables.

« Le leadership en place pendant cette fin de semaine - il y a des gens qui ne méritent pas d'avoir encore leur emploi», a dit le jeune homme qui avait été épinglé sur le trottoir même s'il ne participait pas à la manifestation. «Personne ne veut prendre ses responsabilités. »

Les Canadiens sont forts quand vient le temps de faire la morale aux autres pays concernant les droits civils et le traitement des manifestants, a rappelé M. Taylor. « Nous condamnons les autres pays à ce sujet-là, a-t-il dit. Mais quand ça se produit ici, on essaie de balayer ça sous le tapis. C'est complètement ridicule et honteux. »

Maria Mourani demande une enquête indépendante et publique

En raison de documents mal remplis, M. MacNeilly affirme qu'il est impossible de déterminer avec précision combien de gens ont été arrêtés pendant cette fin de semaine, même s'il s'agit des plus importantes arrestations massives de l'histoire du Canada.


Under Occupation : Toronto G20 Summit Video Documentary


Le rapport formule 42 recommandations, notamment que les policiers soient légalement tenus de dévoiler toute preuve des mauvais agissements de leurs collègues.

« Les principaux officiers, en particulier, ne devraient pas approuver ou se distancer des agissements incorrects de leurs subordonnés », affirme le document.

Il incite aussi les gouvernements à prévoir suffisamment de temps pour planifier et préparer de vastes opérations de sécurité, deux éléments qui ont cruellement fait défaut lors du sommet du G20.

« Même si le manque de temps a certainement joué un rôle important, le comité opérationnel de planification doit aussi être tenu pour responsable d'avoir décidé que tout se passerait comme d'habitude », dit le rapport.

En bout de compte, le document condamne la police de Toronto - qui devait coordonner le maintien de l'ordre à l'extérieur de la zone de sécurité du sommet et qui était responsable du centre de détention provisoire - pour son manque de planification et ses graves problèmes de communication.

Le poste de commandement pour l'événement, qui avait été créé pour coordonner les activités policières, n'avait « aucune idée » du nombre de policiers en fonction.

Les policiers n'ont pas demandé à la foule de se disperser, ce qui a mené à des confrontations et à une hausse des tensions. Le rapport dénonce aussi l'officier responsable de la situation pour avoir, à un certain moment, qualifié les foules de « terroristes en maraude ».

Le sommet de juin 2010 a été marqué par des voyous qui ont fracassé des vitrines et incendié des voitures de police, tout comme par des arrestations massives - y compris celles de badauds innocents.


M. McNeilly a expliqué que son agence a décidé de compiler un total de 356 plaintes formulées en lien avec le sommet du G20 et de passer au peigne fin les techniques policières. Le bureau a déterminé que 107 de ces plaintes étaient fondées, dont 96 qui ont été jugées « sérieuses ».

De nombreux individus et groupes, y compris l'Association canadienne des libertés civiles, ont dénoncé les policiers pour avoir piétiné les droits de la population.

Plusieurs poursuites judiciaires ont été intentées contre la police de Toronto et d'autres agences pour brutalité policière et atteintes aux droits.

Plus tôt cette année, M. McNeilly avait recommandé que des accusations soient portées contre cinq policiers pour avoir battu un militant près de Queen's Park.

Par Colin Perkel - Le Devoir

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Témoignages 

Émilie Guimond-Bélanger dénonce l'injustice et les abus dont elle avait été victime lors du sommet. Voici sa déclaration sur vidéo :




Maryse et Jacynthe Poisson ont dénoncées la torture psychologique qu'elles avaient subies lors de leur emprisonnement et poursuivent le SPVM qui était à Toronto pour prêter main-forte aux agents de la GRC, d'avoir participé aux conditions inhumaines de leur détention.

Les deux soeurs avaient d'ailleurs participés à une entrevue sous forme de documentaire à l'émission Le Droit de savoir diffusée sur TOU.TV.

Cet épisode pose un regard éclairant sur la question avec d’une part, les témoignages de deux personnes présentes lors des manifestations contre le G20 à Toronto et d’autre part, les réflexions et analyses des représentantes de la Ligue des droits et libertés, de l'Association canadienne des libertés civiles, puis de Me Lucie Lemonde, professeure de droit à l'UQAM.

Autres témoignages :
D'autres arrestations en images :









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Article 3 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » - Déclaration universelle des Droits de l'Homme, 1948